Peugeot amer après sa débâcle en qualifications : "Nous sommes en WEC..."
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Les deux Peugeot ont été éliminées dès la première partie des qualifications aux 24 Heures du Mans. Une situation qui a mis en rogne le patron de l'équipe, Emmanuel Esnault.
Le directeur de Peugeot Sport a critiqué le FIA WEC après l'élimination des deux 9X8 dès les essais qualificatifs des 24 Heures du Mans. Emmanuel Esnault était particulièrement remonté après avoir vu Peugeot passer de la quatrième place en qualifications aux 6 Heures d'Imola et d'une pole aux 6 Heures de Spa-Francorchamps, à une 16e et une 18e place sur la grille au Mans.
Un résultat d'autant plus frustrant que seules les 15 premières des 18 Hypercars engagées accéderont à l'Hyperpole. La n°93 de Stoffel Vandoorne a été la plus rapide des deux 9X8, mais avec un retard de 1"843 sur le meilleur temps et un déficit de 0"355 sur la 15e place. La n°94 pilotée par Malthe Jakobsen, poleman à Spa, a terminé à 2"525 de la référence.
Face à la presse quelques minutes après cette déconvenue, Emmanuel Esnault n'était pas particulièrement bavard. Mais ses quelques mots et son langage corporel, visage fermé et haussements d'épaules répétés, en disaient long.
Passer du statut de candidat à la pole à Imola et à Spa à celui d'une voiture qui, pour sa course à domicile, se retrouve à deux dixièmes au kilomètre du rythme de référence, c'est extrêmement frustrant. Mais c'est la course", a-t-il déclaré. "On ne baisse pas les bras, il y a une course à préparer. Les qualifications ne font pas tout, bien sûr, mais... enfin, vous pouvez imaginer."
Invité à expliquer comment une voiture capable de jouer la pole il y a encore quelques semaines peut se retrouver dans cette situation, le Français a répondu de façon lapidaire : "Nous sommes en WEC".
Derrière cette réponse volontairement vague, il y a la Balance de Performance (BoP), dont l'objectif est d'équilibrer les performances des Hypercars malgré leurs concepts très différents, et dont les paramètres sont désormais confidentiels pour 2026.
Les concurrents n'ont pas le droit de commenter publiquement la BoP, même si certains trouvent des moyens détournés de faire passer leur message, comme Emmanuel Esnault l'a fait ici. "C'est le même package, les mêmes personnes et la même voiture que lors des deux dernières courses", a-t-il insisté.
Cette situation n'a rien de nouveau pour Peugeot. Il y a un an, Paul di Resta résumait déjà le problème en expliquant que "cela vous lie les mains, on est menotté", tandis que Jean-Éric Vergne regrettait avec émotion : "J'y ai mis tout mon cœur et toute mon énergie, j'ai tout essayé à mon niveau, en discutant avec les décideurs, en essayant de comprendre leur point de vue... "
Le Français a d'ailleurs décidé de faire l'impasse sur la saison 2026 du WEC afin de se concentrer sur ses engagements en Formule E.
Interrogé par Motorsport.com sur une éventuelle similitude entre 2026 et 2025, Emmanuel Esnault a répondu : "Ça y ressemble, oui, notamment en termes de rythme. Mais nous ne pouvons évidemment pas nous satisfaire de ça. Quand on est compétiteur et qu'on représente une marque comme Peugeot, avec une histoire aussi riche, ce n'est pas la manière dont nous voulons courir."
Il espère désormais que Peugeot sera "proportionnellement" plus compétitif en course, tout en restant prudent sur les attentes à avoir. "Il faudrait faire venir Alfred Hitchcock", a-t-il plaisanté. "Beaucoup de paramètres entrent en jeu. Nous allons devoir miser sur certaines choses et tirer parti des imprévus."
"Le point essentiel désormais, en partant de derrière, c'est de survivre. Survivre et saisir les opportunités afin, comme toujours, d'exécuter la meilleure course possible et de rendre une copie propre sur le plan opérationnel, des arrêts aux stands, de la stratégie, etc."
"Nous devrons être opportunistes quoi qu'il arrive. Quand on part du fond de grille, on n'a rien à perdre. Soyons intelligents, préparons correctement la voiture et mettons les pilotes dans les meilleures dispositions mentales. C'est ce que nous devons faire désormais."